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Session Jonas

Dimanche 24/08/2025 - Édito

Regarder aussi ce qui germe

Baisse de la fréquentation des paroisses, diminution du nombre de prêtres et de religieux… En Église on se focalise parfois tellement sur les indicateurs à la baisse qu’on en oublie de regarder ce qui germe !

Avez-vous déjà été attentif au nombre de propositions chrétiennes qui étaient organisées cet été, rien que dans notre pays [en Belgique] ? Et à leur diversité ? C’est très impressionnant ! Pour notre part, nous avons participé à une « Session Jonas », organisée par Esdac. Rien là de bien connu… Et pourtant, nous étions tout de même soixante. Jeunes et vieux, nous avons vécu l’expérience d’une Église vivante, fraternelle, en marche. Une formidable bouffée d’espérance.

Reste que l’expérience nous invite à réfléchir. Comment expliquer le succès de cette session ? De quoi les gens ont-ils besoin aujourd’hui ? Et, conséquemment, quelles pourraient être quelques-unes des priorités pour l’Église ?

Je retiens tout particulièrement trois éléments – trois ingrédients.

1. La Parole. Dieu nous parle ! Mais l’écoute des textes le dimanche à la messe ne suffit peut-être pas toujours pour le laisser nous rejoindre. Car entrer dans la Bible, c’est se donner du temps. C’est lire, relire, approfondir. C’est opérer ce va-et-vient entre les Textes et nos vies. C’est nous inscrire dans ces scènes. C’est demander aux autres comment ils reçoivent ces histoires. C’est alors que la Parole devient vraiment source de Vie.

2. La communauté. On peut naturellement creuser sa relation à Dieu de manière solitaire. Mais on a fondamentalement besoin de lieux et d’espaces qui nous permettent d’être ensemble. Ce qui m’a frappé ? la rapidité avec laquelle le groupe s’est construit. Un élément nous a aidés : le partage en vérité – et notamment le partage des fragilités. C’est en nous montrant vulnérables que nous nous découvrons frères et sœurs.

3. Le service. La session n’a été possible que parce qu’une petite équipe, très unie, l’a préparée durant une année. Cette équipe a explicitement fait appel à la responsabilité de chaque membre, mais elle s’est aussi expressément mise au service de chacun. Elle était composée de laïcs et d’un prêtre. Un prêtre qui n’était pas au centre, mais qui s’est fait compagnon du groupe – et a offert les sacrements. Un modèle inspirant pour notre Église, aujourd’hui appelée à revoir ses modes de gouvernance.

                                          Vincent DELCORPS