Nouvel exemple relaté par M. Rosenberg :
Un couple est dans un train-navette qui déssert le terminal d'un aéroport. L'homme dit à la femme : "Ce train n'avance pas." La femme ne réagit pas. Pour la deuxième fois, l'homme soupire : "Ce train n'avance pas." Après un moment de réflexion la femme répond : "Ces navettes sont programmées électroniquement." Pour la troisième fois, l'homme répète : "Ce train n'avance pas." Mais cette fois il l'a dit avec agacement. Et alors, au quart de tour, la femme réagit brutalement : "Que veux-tu que j'y fasse, que j'aille pousser les wagons ?"
Ce que la femme a trouvé à dire en parlant de programmation électronique se situe au niveau de la logique cérébrale, alors que la relation entre eux, à ce moment-là, était pourtant chargée de ressentis émotionnels intenses : l'agacement de l'homme et l'impuissance de la femme. Mais de ces ressentis, ni l'un ni l'autre n'a pris conscience. Dans ces conditions, les paroles échangées, loin de les rapprocher, ont creusé l'écart entre eux.
Etant donné la destination du train, on peut se douter que l'homme craignait de rater l'embarquement dans un avion. Ce dont il avait besoin c'est que la femme détecte son inquiétude et lui demande : "Tu es inquiet ? Tu souhaites que nous arrivions à temps ?" Cette simple phrase aurait manifesté qu'il avait été compris et qu'IL N'ETAIT PLUS SEUL DANS SA SOUFFRANCE. Cela aurait établi la CONNEXION entre eux. C'est de CONNEXION entre eux qu'ils avaient besoin.
Dans l'exemple précédant celui-ci, le détenu avait besoin d'une formation, c'est-à-dire de quelque chose de concret qui pouvait changer sa situation. Dans ce nouvel exemple, ni l'homme ni la femme n'ont le pouvoir de changer la situation. Et pourtant la femme disposait d'un grand pouvoir : elle pouvait aider l'homme à vivre la situation douloureuse en ne le laissant pas seul dans sa souffrance.
Un besoin a plus besoin d'être entendu que satisfait.