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Récits de gratitude

L'histoire de Ron et Sue

Ce qui suit est résumé et adapté d'un récit de Merlin Carothers publié dans son livre De le prison à la louange, Foi et Victoire, 1974, p. 98-104.

Cela se passe durant la guerre du Vietnam (1955-1975). Ron est un soldat américain caserné aux USA; Il vient trouver Merllin Carothers, son aumônier militaire :

  • Je suis appelé à partir au Vietnam, dit Ron, et mon épouse, Sue, en est complètement démoralisée. Elle menace même de se suicider. Elle n'a que moi au monde. Petite, elle a été adoptée et n'a pas de famille.
  • Très bien, lui dit Merlin. Venez tous deux dans mon bureau.

Lorsqu'ils se retrouvent à trois, Merlin ouvre sa bible au verset 28 du chapitre 8 de la lettre de Saint Paul aux Romains et il lit : "Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien". Il dit alors au couple : 

  • Nous allons nous agenouiller et remerier Dieu.

Sue et Ron son abasourdis :

  • Comment ? Remercier Dieu alors que Sue va se retrouver seule ? 
  • Nous remercions Dieu parce qu'il fait tout contribuer à notre bien. Tout, même ce qui est dramatique. Rappelez-vous : de la mort horrible de Jésus sur une croix a jailli une grâce immense pour l'Humanité. Non seulement Jésus est ressuscité, mais ses disciples qui avaient perdu toute espérance, sont redevenus des vivants à 100 %.

Ron et Sue acceptent de s'agenouiller. Ils font un vif effort pour combattre leur scepticisme. Et ils rendent grâce parce que Dieu est à l'oeuvre dans cette situation dramatique et qu'il en tire du bien. Puis Ron retourne dans son unité et Sue repasse par la salle d'attente. Il s'y trouve un militaire avec lequel elle engage la conversation. Il ouvre un dossier. Il s'y trouve une photo. Sue lui demande :

  • Qui est-ce ?
  • C'est ma mère.
  • Pas du tout, c'est ma mère à moi lui dit Sue. Toute petite j'ai été adoptée. J'ai vu le dossier d'adoption. Cette même photo s'y trouvait.

Sue venait de découvrir un frère de sang. Et cela, quelques minutes après avoir rendu grâce à Dieu qui fait tout contribuer à notre bien. Elle n'était plus seule au monde.

Témoignage d'une polyhandicapée

Extrait de De la prison à la louange, Merlin Carothers, Editions Foi et Victoire, Le Havre, 1978, pp. 184-186)

L’une des personnes les plus joyeuses que j’ai rencontrées est venue dans notre église sur un lit. Esther Lee était aveugle, paralysée, et elle ne pouvait bouger que le pouce de l’une de ses mains. Ses os étaient si fragiles qu’ils risquaient de se casser lorsqu’on déplaçait ses membres.

Lorsque j’eus l’occasion de lui parler pour la première fois, ce fut au téléphone : sa voix traduisait un bonheur rayonnant, comme celui d’une personne abondamment bénie dans tous les domaines de sa vie.  Je savais que depuis des années, il lui fallait garder le lit à cause de son rhumatisme chronique poly-articulaire.  Il n’y a pas longtemps, ses médecins avaient abandonné tout espoir et recommandé à son mari de la préparer pour l’éternité.  Une amie avait acheté le livre : De la prison à la louange, et trois fois, elle en fit la lecture à Esther à haute voix.  N’ayant rien à perdre, celle-ci résolut d’essayer de louer Dieu pour sa douleur au lieu de l’en blâmer.  Cela marqua un tournant dans sa vie. 

Elle persévéra dans la louange tandis que des calamités s’abattirent sur son foyer : une entreprise en faillite, la crise cardiaque de son mari, les maladies de leurs enfants.  Au travers de tout cela, elle entrevit peu à peu l’amour de Dieu sous un jour nouveau.  « Il me montra quelle créature pleurnicheuse, misérable, plaintive et pleine d’amertume j’avais été durant toute ma vie.  Lorsque je le suppliai de me pardonner, Son amour se répandit pour guérir mon âme malade du péché et me remplir de joie et de paix. »

Sa voix était affaiblie par son état physique, mais elle ne cessait de s’exclamer : « Seigneur, je te loue.  Seigneur, je t’aime ! », jusqu’à ce que sa voix gagne davantage de puissance.  Elle n’avait jamais eu l’oreille musicale, mais à mesure qu’elle louait Dieu, des mélodies et des paroles lui venaient à l’esprit.  Elle se mit à chanter, et sa voix acquit une qualité qu’elle n’avait pas auparavant.  D’autres personnes furent bénies par son chant et la persuadèrent de faire un enregistrement musical intitulé « Là où commença la gloire ».

On installa le téléphone à côté de son lit.  Il lui fut possible de le faire marcher avec son unique pouce, si bien qu’elle put s’adresser à des gens des quatre coins des Etats-Unis, qui se mirent à l’appeler pour être encouragés dans leur foi !

Pour venir dans notre église, elle fit tout le chemin depuis Palm Springs, où elle habitait, jusqu’à Escondido, dans un genre de camionnette aménagée, assez large pour transporter son lit.  Dans ce véhicule bien clos, il faisait aussi chaud que dans un four.  Le trajet a dû être un supplice.  Esther Lee avait attendu deux ans avant d’avoir la possibilité de nous rendre visite et elle croyait qu’elle serait guérie à l’instant où elle pénétrerait dans l’église.

Mais à mon avis, ce qui se passa alors fit une plus grande impression sur l’assistance que si elle avait bondi hors de son lit.  Elle remercia Dieu par des louanges qui lui venaient du fond du cœur, si bien que nul ne pouvait ignorer sa joie.  Couchée dans son lit devant toute l’église, elle consacra l’heure suivante à décrire à l’auditoire les bénédictions dont le Seigneur l’avait comblée.  Elle conduisit le chant et la louange d’une voix qui pétillait de rires.

Sa condition physique était telle que ceux qui la voyaient étaient tentés d’être pris de pitié et de tristesse.  Mais au contraire, nous avons ri aux larmes en discernant une merveilleuse relation avec Dieu derrière ce corps affaibli et décharné.  Elle était aveugle et impotente, et pourtant elle nous enseignait la glorieuse puissance de la louange.  Elle disait avoir découvert la vie dans l’abandon de soi et le merveilleux amour intime de Dieu au travers de la douleur et de souffrances inimaginables pour la plupart d’entre nous. 

Cet amour brillait sur son visage tandis qu’elle nous dirigeait dans un chant de louanges à notre Père céleste, un amour qui ne dépend pas de ce qu’Il fait de nous, mais qui se fonde sur ce qu’Il a déjà fait en Christ.  C’était un amour puissant, un amour qui voit Dieu malgré des yeux frappés de cécité.  Je pensais au Psaume de David : « Que les fidèles exultent dans la gloire, qu’ils lancent des acclamations même sur leur lit » (Psaume 149, 5).